C’est une question que je reçois souvent, et la réponse honnête n’est jamais l’une des deux d’office. Tout dépend de ce que l’outil doit faire pour vous, et de la place qu’il occupe dans votre activité. Mais on peut décider proprement, à condition de poser les bonnes questions au lieu de suivre son intuition ou la mode du moment.

Quand la solution du marché gagne

L’abonnement à un logiciel existant gagne presque toujours quand votre besoin est standard. Facturer, gérer des emails, suivre des tâches courantes, tenir une comptabilité. Des milliers d’entreprises font exactement la même chose que vous, un éditeur a déjà résolu le problème mieux que vous ne le feriez, l’a testé sur des années et le maintient pour vous, le tout pour le prix d’un abonnement.

Vouloir du sur mesure sur ces besoins-là, c’est réinventer la roue et payer cher pour le privilège, avec en prime la charge de la maintenir vous-même pour toujours. Je décourage systématiquement les dirigeants qui s’engagent dans cette voie par fierté ou par méfiance envers les solutions toutes faites. Le sur mesure inutile est l’un des gaspillages les plus fréquents que je rencontre.

Quand le sur mesure se justifie

Le sur mesure prend son sens à deux conditions, et il suffit qu’une seule soit remplie.

La première : votre besoin est vraiment spécifique, et aucune solution du marché ne colle sans contorsions. Quand vous passez votre temps à tordre un logiciel générique pour le faire entrer dans votre réalité, à empiler les rustines et les exports manuels, le sur mesure finit souvent par coûter moins cher que l’acharnement à adapter l’inadaptable.

La seconde : l’outil touche au coeur de ce qui vous distingue. Si votre avantage concurrentiel repose sur une façon de faire particulière, en dépendre d’un éditeur extérieur vous expose. Sur vos prix, qui peuvent augmenter, sur vos données, qui ne sont plus tout à fait chez vous, sur votre liberté de manoeuvre, qui dépend des choix d’un tiers. Pour ce qui est stratégique, la maîtrise vaut souvent son coût.

Les deux pièges, dans les deux sens

Je vois l’erreur se commettre dans les deux directions, et c’est instructif.

D’un côté, des entreprises qui font développer à grands frais ce qu’un abonnement à trente euros par mois aurait réglé en une journée. Elles confondent contrôle et propriété, et se retrouvent à entretenir un outil maison qui les enferme plus qu’il ne les libère.

De l’autre, des entreprises qui s’entêtent à plier un logiciel générique à un besoin si particulier qu’elles passent plus de temps à le contourner qu’à s’en servir. Elles confondent économie et fausse économie, et le coût caché de ces contorsions dépasse largement ce qu’aurait coûté un outil adapté.

La grille pour trancher

Ma grille tient en deux questions, posées dans l’ordre. Mon besoin est-il standard ou singulier ? Et cet outil est-il au coeur de mon métier ou à sa périphérie ?

Standard et périphérique, prenez le marché, sans hésiter. Singulier et au coeur, le sur mesure se justifie, et l’investissement est sain. Entre les deux, dans la zone grise qui est la plus fréquente, on regarde au cas par cas, et on se méfie autant du réflexe tout-développé que du réflexe tout-acheté.

C’est exactement l’approche que je suis avec NS Corp. Je commence toujours par chercher si une solution existante fait l’affaire, et je le dis quand c’est le cas, même si ça veut dire moins de travail pour moi. Le meilleur projet n’est pas le plus gros ni le plus impressionnant. C’est celui qui résout le problème au juste prix, et qui laisse l’entreprise plus libre qu’avant, pas plus dépendante. Un prestataire qui vous pousse au sur mesure sans s’être demandé si vous en aviez besoin ne sert pas votre intérêt, il sert le sien.